Les Petites Paires

Les Petites Paires

Lorsqu’on parle de petite paire on parle d’une paire allant de Paire de 2 à Paire de 10 (les paires de 7 à 10 étant aussi parfois appelées paires moyennes). Si, avant le flop, vous avez une de ces paires en main vous ne pouvez espérer qu’un seul type d’amélioration : un Brelan voire un carré au flop, au turn ou à la river. Les possibilités d’amélioration au flop sont donc très faibles. Vous n’avez qu’une chance sur 8 d’obtenir un brelan au flop. Il vous faudra donc bien réfléchir avant de jouer ! Tout dépend de la configuration de la table et de vos adversaires. 

La question qui se pose lorsqu'on découvre sa petite paire servie est : dois-je m'imposer en étant agressif ou dissimuler le potentiel de ma main en suivant la grosse blind ? Cette question est légitime puisque ce genre de main nécessite de la finesse et risque son potentiel de réussite en fonction du flop, de la turn et de la river.


Rappel des groupes de David Sklansky :

Groupe 1: AA, KK, QQ, JJ, AKs

Groupe 2: TT, AQs, AJs, KQs, AK

Groupe 3: 99, JTs, QJs, KJs, ATs, AQ 

Groupe 4: T9s, KQ, 88, QTs, 98s, J9s, AJ, KTs 

Groupe 5: 77, 87s, Q9s, T8s, KJ, QJ, JT, 76s, 97s, Axs, 65s 

Groupe 6: 66, AT, 55,86s, KT, QT, 54s, K9s, J8s, 75s 

Groupe 7: 44, J9, 64s, T9, 53s, 33, 98,43s, 22, Kxs, T7s, Q8s 

Groupe 8: 87, A9, Q9, 76,42s, 32s, 96s, 85s, 58, J7s, 65, 54, 74s, K9, T8


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Agression ou dissimulation

La première chose importante est de rester fidèle à son type de jeu. Si vous êtes agressif habituellement, alors vous avez toutes les raisons de l'être une fois de plus car une paire servie, même petite, comporte un beau potentiel de réussite. Les cartes du tapis seront primordiales pour améliorer votre jeu mais vous avez l'avantage non négligeable de posséder un jeu « sous-marin » c'est-à-dire que votre éventuel brelan passera inaperçu (si bien sûr, vous masquez vos émotions et jouez les relances convenablement).

Et si vous êtes confrontés à peu de joueurs, il est très probable que vous remportiez la partie. Si vous êtes plutôt passif ou discret, ne cherchez pas à impressionner vos adversaires, puisqu'avec de gros relances pré-flop vous avez toutes les chances de vous retrouvez face à des mains telles que As-Roi, As-Valet ou tout simplement des paires servies plus élevées. Sans perdre trop de jetons, vous pouvez payer la grosse blind et voir si le flop sera généreux avec vous. Le désavantage de votre position à la table (admettons que vous soyez dernier de parole) est que, suivant l'attitude des autres joueurs : leurs relances ou leurs expressions, vous serez tenté de jeter votre main. Là encore, c'est à vous de faire ce choix en fonction de votre ressenti, de votre tapis et de vos habitudes de jeu, mais ne perdez pas d'esprit qu'une paire servie peut être un joli cadeau, vous avez 12% d'obtenir votre brelan au flop. Payer une grosse blind vaut le coup.

Le flop est tombé : pas de brelan

Dans ce cas de figure, il est très important de se baser sur les autres joueurs. Les questions que vous devez vous poser sont : combien sont-ils ? Combien de jetons ont-ils misé ? Qu'est-ce qui, dans le flop, pourrait les intéresser ?

A ce moment-là du jeu, vous avez l'invariable choix entre l'agression ou la passivité. En prenant la décision de faire une grosse relance post-flop vous avez toutes les chances de faire coucher les mains qui n'ont pas trouvé à s'améliorer, les joueurs qui n'ont pas suffisamment de jetons pour « tenter » la turn et la river et enfin, ceux chez qui vous avez insinué le doute. 

Le poker est un jeu psychologique et faire douter vos adversaires est essentiel. Sachez que statistiquement vous restez favori avec votre paire servie face à une main telle que Aheart kheart avec 52% face à 48%. Si vous choisissez la passivité, vous n'avez plus qu'à espérer voir un brelan tomber à un moment ou à un autre. Par-contre, il ne faudra pas s'étonner de laisser ses jetons s'échapper. En effet, une paire faible a peu de chance de gagner surtout si les cartes communes sont élevées. Voilà pourquoi il vaudrait mieux faire le choix entre une relance importante ou un « check » (qui est souvent considéré comme un aveu de faiblesse mais qui vous permettra de passer dernier de parole et donc, de minimiser vos pertes si le jeu n'est pas en votre faveur).

Les cartes ont été favorables : le brelan est à vous

Avec un brelan flopé (voire un brelan tout court) vos chances de réussite sont importantes. Une fois de plus tout dépend des cartes du tapis, il faut toujours se méfier des quintes, des couleurs ou des brelans supérieurs. Cependant, vous avez une très belle main et il faut en tirer profit !

Si les autres joueurs n'ont pas relancé, ou peu il est préférable de suivre leurs mises ou de les augmenter faiblement. En effet, il serait dommage de faire coucher la table et de rapporter les blinds. Vous aurez toujours la possibilité de faire croire à un bluff, mais c'est une attitude risquée. Une relance faible est donc le meilleur choix. Ensuite, il s'agit d'observer les comportements adversaires et de mesurer combien ils seraient prêts à miser pour voir les autres cartes. S'il y a un joueur agressif, n'hésitez pas à le pousser à miser. Tout en restant méfiant sur les autres mains, cherchez à rentabiliser votre jeu.

La turn tombe : analyser les comportements adverses

Comme toujours au poker, il est préférable d'anticiper. Demandez-vous rapidement ce que vous ferez en cas de relance (que vous ayez le brelan ou pas) et que ferez-vous si, au contraire, tout le monde check. Cette anticipation vous permettra de jouer vite (et d'augmenter votre ascendant psychologique puisque vous aurez l'air sûr de vous).

Si vous n'avez pas votre brelan au moment de la turn et qu'un ou plusieurs joueurs relancent, il faut que vous évaluiez le potentiel de votre main à cet instant. S'il y a relance, c'est très certainement parce que les joueurs avant vous ont "touché" ou parce qu'ils souhaitent prendre l'ascendant. 

Avec une petite paire en main, la poursuite serait risquée. Bien sûr, il est toujours possible de se retrouver face à des bluffeurs mais c'est cher payé la certitude ! Donc, il serait préférable de coucher car il ne reste qu'une carte pour vous sauver et vous n'avez que, statistiquement, 4% d'obtenir un brelan (en considérant que les cartes exposées n'offrent pas de meilleures possibilités aux autres joueurs). Par-contre, s'ils relancent et que vous avez le brelan en main, vous êtes à peu près sûr de remporter le pot. Encore une fois, il faut s'assurer que les cartes communes n'offrent pas de couleur (3 minimum) ou de suite, par exemple, qui serait des jeux meilleurs que le vôtre.

River dangereuse : que faire ?

La river n'améliore pas votre jeu, mais peut-être celui d'un autre. Il est temps pour vous de revoir quelles sont les possibilités de combinaison. 

Par exemple :
• Flop : theart kspade 7diamond 
• Turn : jspade 
• River : Aclubs 

Vous avez une paire de 7 en main, donc un brelan de 7 flopé. C'est une position très confortable car vous entrez optimiste dans la partie. Cependant, la river est dangereuse. Elle permet à un détenteur d'une Dame de vous doubler en alignant une quinte du 10 à l'As. Si c'est le cas, vous êtes perdant. Surtout que généralement, les joueurs sont plus souvent tentés de jouer avec des "têtes". Le risque est grand.

Pour éliminer les mains qui n'ont pas d'intérêt à s'engager faîtes une grosse relance. En effet, la river reste cruciale pour les mises car elle révèle certains joueurs : les hésitants seront plus enclin à coucher. N'oubliez pas de tenir compte des bluffeurs qui sont parfois extrêmement agressif et prêt à tout pour empocher ! Généralement un unique joueur s'aventurera au-delà suite à votre relance. Il est probable qu'il ait une dame mais peut-être espère-t-il remporter grâce à une double paire (exemple : kheart tdiamond ) qui serait une très belle main mais, heureusement, inférieure à la vôtre.

La river est tombée : coup de grâce

Après l'observation des autres personnes qui jouent à vos côtés, vous savez que ce pot est à vous. Il est important d'avoir confiance en son jeu et avec un brelan vous avez toutes les raisons de l'être. A présent, vous pouvez imposer une grosse relance. Vous devez une bonne fois pour toute faire douter les autres. 

Il faut que vous réussissiez à leur faire croire que vous ne cherchez qu'à « embarquer » le pot. Par fierté ou par défi, vous pourrez trouver des clients. Ils sur-relancent ? Tant mieux, poussez-les à tapis s'il le faut. Dans tous les cas, mieux vaut impressionner les concurrents, les contraindre à jouer et à miser plutôt que de ne pas rentabiliser une main comme celle-ci. Il ne faut pas oublier que la plupart des mains au poker sont des « mains-poubelles » alors profitez-en !

kuzeo.com

La tactique de Scotty Nguyen

Scotty Nguyen est un joueur pro vainqueur du WSOP Main Event en 1998. Il joue souvent les paires moyennes ( tdiamond tspade , 9diamond 9clubs , 8heart 8clubs et 7heart 7clubs ) comme s’il avait Aheart kspade en main c'est-à-dire en relançant fortement pré-flop de façon à faire douter ses adversaires. S’il est sur-relancé, il laisse tomber. En revanche si un As ou un Roi tombe au flop, il relance à nouveau fortement pour faire se coucher ses adversaires restants. Cette tactique permet d’éliminer d’entrée les joueurs ayant un As ou un Roi avec un kicker insuffisant, de tenter le brelan et de mettre une grosse pression sur les adversaires !
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Probabilité de toucher Brelan

François Aubin Prof de maths a écrit : 
"Une probabilité est toujours un rapport (une division) : 
Celle du nombre de chances que l'évènement X se produise SUR le nombre d'évènements totaux possibles."


Ex : Si on jette un dé non truqué, le "2" a 1 chance sur 6 de tomber.
La proba est de 1/6 


Pour le poker, c'est la même chose. 
Je vais vous montrer comment calculer différentes probas courantes, afin que vous voyiez comment ça fonctionne. 

Probabilités de flopper son brelan. Vous touchez une pocket pair, mettons, : 3spade 3heart et vous vous demandez combien sont vos chances de toucher un brelan au flop ; mettons que vous ne connaissiez pas les probas de base, et que vous soyiez obligé de tout recalculer. 

Commençons par calculer le nombre de flops possibles. 

Vous avez déjà deux cartes en main. Ce qui veut dire qu'il reste 50 cartes non vues, toutes éligibles pour le flop (peu importe le nombre d'adversaires en face). 

Un flop est un tirage de 3 cartes A, B et C sur 50 cartes dispo. Notez que dans votre cas, A, B et C est équivalent à A, C, B, ainsi qu'à toute autre combinaison. 

En mathématique, un tel "tirage", où ABC = CAB = ... est appelé "combinaison de 3 cartes parmi 50" et se calcule de la manière suivante : 

C(50,3) = (50x49x48) / (3x2x1) = 19 600. 
Il y'a en tout 19600 flops possibles. 

Calculons à présent le nombre de tirages comportant l'une des 2 cartes restantes vous permettant de flopper un brelan. 
Flopper un brelan, c'est : 
- tirer une carte parmi les 2 qui vous intéressent 
- et tirer deux cartes parmi les 48 qui ne vous intéressent pas 

C'est calculé par 
(2x1)/(1) x (48x47)/(2x1) = 2256 
Il y'a donc 2256 flops possibles qui vous apporteraient un brelan. 

Rapporté aux 19600 flops possibles, votre probabilité de toucher un brelan est donc de 
2256/19600 = 0,1151 soit un pourcentage précis à 10-² près (à défaut d'être exact) de 11,51% 

Vous avez 11,51% (que l'on arrondit suivant l'humeur à 11 ou 12 %) de chances de flopper un brelan si vous avez déjà la pocket pair. 
Si vous préférez l'exprimer sous forme de rapport simplifié, vous avez 1/11,51 x 100 = 1 chance sur 8,68, arrondi à 1 chance sur 9 de chopper le brelan. 
Si vous préférez sous forme de cote, étant donné que vos chances sont de 1 sur 9, la cote est de 8:1. 

Et voila. Avec 12%, Pokerbility donne donc un résultat tout à fait correct; 
Poker Odds, en revanche, est largement à la ramasse : à 20% au lieu de 12%, la marge d'erreur est assez (trop) importante. 

Autre calcul : toucher un brelan quand on a pas une pocket pair. Disons que votre main est 7,3. 
Pour flopper un brelan, il vous faudra : 
- soit toucher deux 7 parmi les 3 restants et 1 carte quelconque parmi les 48 autres 
- soit toucher deux 3 parmi les 3 restants et 1 carte quelconque parmi les 48 autres. 

Calculons pour les 7. 
Toucher deux 7 parmi les 3 restants 
C(3,2) x C(48,1) = (3x2 / 2x1) x (48/1) = 3 x 48 = 144 flops possibles sur les 19600 existants. 

Pour les 3, la proba est la même. 

On a donc (144+144) / 19600 chances de flopper un brelan sans pocket pair, 
soit 288/19600 = 0.015 = 1,5% ... soit, pas beaucoup (1 chance sur 67, donc une cote de 66:1)

pokerholdem.fr